« On ne peut pas, sous prétexte que l'on doit adopter à toute vitesse un projet de loi sur la question des frais reliés au matériel scolaire, venir complètement enlever le principe de la gratuité de l'éducation publique au Québec (...) en permettant de facturer sans aucune balise et sans aucun plafond tout projet particulier. C'est très très inquiétant »
-- Véronique Hivon, Députée de Joliette
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« Essentiellement, le projet de loi vise à affirmer et
à définir la laïcité de l'État dans le droit québécois selon quatre grands
principes :
• La
séparation de l'État et de la religion
• La
neutralité religieuse de l'État
• L'égalité
des citoyennes et des citoyens
• La
liberté de conscience et de religion
Il prévoit que certaines personnes en position
d'autorité, comme les procureurs, les policiers, les enseignants et les
directeurs des écoles primaires et secondaires publiques, ne pourront pas
porter de signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions. À cet égard,
dans un souci d'obtenir l'adhésion du plus grand nombre de Québécois possible
derrière cet important projet de loi, le gouvernement a prévu, dans celui-ci,
que les personnes en poste au moment de la présentation du projet de loi
conserveront le droit de porter un signe religieux tant qu'elles exerceront
la même fonction au sein de la même organisation.
Le projet de loi précise aussi que les services
publics devront être donnés à visage découvert. Il est aussi prévu que les
services publics seront reçus à visage découvert lorsque la vérification de
l'identité ou la sécurité l'exigera. »
-- Communiqué de presse, 28 mars 2019
Projet de loi sur la laïcité de l'État - Se rassembler pour une avancée historique |
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« En ce qui concerne le port de signes
religieux par les agents de l’État, nous recommandons qu’il soit interdit à
certains d’entre eux (magistrats et procureurs de la Couronne, policiers,
gardiens de prison, président et vice-présidents de l’Assemblée nationale).
Mais pour tous les autres agents de l’État (enseignants, fonctionnaires,
professionnels de la santé et autres), nous estimons que le port de signes
religieux devrait être autorisé. »
-- Rapport Bouchard-Taylor, p. 261
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« Incohérence.
Incohérence sur le plan fondamental.
Lorsqu’on enseigne à l’école le vivre ensemble,
l’éducation à la citoyenneté, lorsque les enseignants qui se battre à tous
les jours disent aux enfants de se découvrir les uns et les autres,
travailler des enjeux sociaux qui font en sorte qu’on est bien plus fort
quand on est un à côté de l’autre, quand on est tous pareil. Et là le
gouvernement arrive avec un projet de loi qui ne semble, à notre avis, pas
véhiculer le même message.
Et il y en a d’autres. On là prit du côté école publique et école
privée. C’est comme si l’école privée
on ne peut jamais jamais jamais jamais y toucher. Il y a un espèce de vase de Crystal que du
moment où on y touche ça va casser.
Qu’est-ce que c’est cette affaire-là de ne pas être
capable de dire que si on veut que l’État soit laïque et qu’on met des règles
à l’école publique bien l’école privée qui est en grande partie une école
publique avec une très forte subvention de l’état (financée à 60 – 70% par
l’état). Ça n’a pas de bon sens. On n’est pas capable de faire respecter la
loi. »
-- Alain Fortier, président de la Fédération des
commissions scolaires du Québec
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| Hôtel de Ville de Laval; source: ici.radio-canada.ca |
28 MARS 2019 - De grâce lisez ce texte de Patrick Lagacé (@kick1972). Il traite de la tragédie entourant le décès de la jeune Ãthēnå Gęrvåįs. Si ça vous le dit, spectacle bénéfice pour parler de sa vie au profit de l'Oasis, Unité mobile d'intervention ce soir à la Salle André Mathieu, 25$.
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CHRONIQUE
ATHÉNA, IL Y A UN AN
PATRICK LAGACÉ
LA PRESSE
Le rapport du coroner Martin Larocque confirme ce qu'on soupçonnait déjà l'an passé, quand Athéna Gervais a été retrouvée morte : elle est morte noyée, après une chute vraisemblablement provoquée par son état d'ivresse avancé.
La mort d'Athéna a secoué le Québec et lancé un vif débat de société sur ces boissons hyper-sucrées et hyper-alcoolisées, qui promettent une ivresse quasi instantanée.
Le coroner nous apprend qu'Athéna avait bu trois canettes de FCKD UP à 11,9 % d'alcool en 35 minutes.
Le coroner a fait le parallèle suivant, selon le taux d'alcool du FCKD UP : trois canettes à 11,9 % d'alcool, c'est comme boire 12 verres de vin. Le taux d'alcoolémie dans le sang d'Athéna était de 192 mg/100 ml (la limite légale pour conduire est de 80 mg).
Le coroner a fait quelques recommandations, surtout au gouvernement fédéral. Il a aussi cerné une saloperie : le marketing des boissons comme FCKD UP vise un public de 12 à 24 ans. Athéna avait 14 ans.
On dira que personne n'a forcé Athéna à voler trois canettes de FCKD UP au dépanneur à côté de son école et à les engloutir. C'est vrai. Et ça peut être rassurant de penser qu'Athéna est morte par sa très grande faute, sa très grande faute à elle seule.
Mais ce serait une analyse gravement incomplète. Athéna avait 14 ans et, avant de lancer des roches sur sa pierre tombale, il est bon de rappeler cette vérité éternelle : à cet âge-là, le jugement vient parfois en option.
La mort d'Athéna est une tragédie sans responsable unique, ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de leçons à en tirer.
C'était une mort prévisible, en ce sens qu'avant même sa mort, des médecins québécois avaient déjà sonné l'alarme à propos de ces jeunes qui se ramassaient aux urgences en nombre croissant, souvent après avoir ingurgité ces boissons dont le marketing promettait dans un esprit de « LOL » de vous rendre ivre (FCKD UP, ou fucked up, peut vouloir dire « ben saoul ») en un temps record.
Avant la mort d'Athéna, Educ'alcool avait aussi levé des drapeaux rouges à propos de ces boissons que son directeur, Hubert Sacy, qualifie d'« hypocrites », parce qu'elles ne goûtent pas l'alcool, parce qu'elles vous saoulent sans le goût rébarbatif de l'alcool, bien au contraire.
Et le coroner l'a dit, hier : si Athéna avait eu à boire 12 verres de vin en 35 minutes… elle ne les aurait pas bus.
Elle n'aurait pas pu, ça l'aurait écœurée.
Mais le 28 février 2018, Athéna buvait un alcool qui goûtait le jus.
Elle en est morte.
Après sa mort, le Québec s'est posé toutes sortes de questions : pourquoi ces merdes explosives sont-elles vendues en dépanneur, plutôt qu'à la SAQ ? Pourquoi tolère-t-on que du « jus » vous arrache la gueule sans l'effet naturellement répulsif de l'alcool, surtout s'il est destiné aux jeunes de 12 à 24 ans ? Et pourquoi cette glorification de l'ivrognerie dans le marketing des FCKD UP et autres boissons ?
Depuis la mort d'Athéna, la société a réglé quelques-unes de ces questions, notamment ce qui peut ou pas être vendu en dépanneur quand un produit du genre dépasse une certaine concentration d'alcool.
La mort d'Athéna a donc provoqué un vif débat de société, disais-je. Un de ces débats explosifs mais éphémères, dont notre société a le secret…
Mais il faut rappeler que, dans les trois mois avant la mort d'Athéna Gervais, La Presse a consacré plusieurs articles à la popularité de ces boissons dénoncées par les experts, présentées comme une « catastrophe de santé publique » chez les jeunes…
Tenez, un exemple, juste un. La une de La Presse le 6 octobre 2017, 145 jours avant la mort d'Athéna : « Une bombe nucléaire en canette », photo de canettes FCKD UP à l'appui.
Bref, ce n'est pas comme si les conditions qui ont mené à la mort d'Athéna – l'existence même de ces « bombes nucléaires » d'alcool sucrées, la facilité avec laquelle on peut se les procurer, le marketing criard qui cible les 12 à 24 ans – étaient inconnues avant la mort de l'adolescente, derrière son école secondaire.
C'était connu et pas seulement dans les colloques d'experts en santé publique. C'était à la une de La Presse et d'autres médias.
Mais ça n'a pas lancé de « vif débat de société », à ce moment-là…
Puis, Athéna est morte.
Je cite Hubert Sacy, d'Educ'alcool : « C'est tragique, mais la mort d'Athéna a plus fait avancer le dossier du danger de ces boissons hypocrites en une journée que nous, en une année. »
Permettez donc que je rappelle cette autre vérité, tout aussi éternelle que la témérité des ados : pour que ça bouge, ça prend toujours, toujours, toujours un cadavre.
« POUR ATHÉNA »
Athéna Gervais était une adolescente enjouée, vive d'esprit, originale.
Cynthia Painchaud, sa marraine, veut que ça se sache, elle veut qu'on sache que sa filleule avait marqué beaucoup de gens : « Elle était charismatique, attachante, elle avait une conscience de personne plus âgée. »
Athéna est morte dans des circonstances tragiques. C'est ainsi que le Québec l'a connue, au fond : morte tragiquement. Mme Painchaud a eu l'idée de souligner la vie d'Athéna par un spectacle musical, elle pensait verser les bénéfices au profit d'une bonne œuvre…
Quelques mois plus tard, avec l'aide d'amis d'Athéna et l'appui financier de la Fondation Ardenne et d'un donateur anonyme, l'affaire s'est concrétisée : le spectacle Comme une étoile filante est présenté ce soir à l'Annexe 3 de la salle André-Mathieu de Laval.
Appelez ça le karma ou le hasard : c'est présenté au lendemain de la publication du rapport du coroner sur la mort d'Athéna…
Les billets sont 25 $ à la porte, c'est à 19 h 30, au 475, boulevard de l'Avenir. Au profit de L'Oasis, unité mobile d'intervention. Il y aura des prestations musicales des Frères à ch'val, de Souldia, de Mononc' Serge, de Dramatik, de Sarah-Jane et des Pookies.
Après avoir tant parlé de la mort d'Athéna, ce sera l'occasion de parler de sa vie.
Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web
Un endroit où il est possible de penser, de réfléchir... car c'est une des dernières activités qui n'est pas taxée... pas encore